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Comment se servir de son capteur de puissance ? Partie 2/2

Si vous avez loupé la première partie le lien est ici


Analyse des données :

Une fois votre première sortie réalisée, vient le temps de récupérer et analyser les données, pour les données brutes et moyennes, les logiciels comme strava ou garmin connect font très bien le job que ce soit sur téléphone ou ordinateur.

Mais pour des analyses détaillées mieux vaut se tourner vers des logiciels « professionnels », certains sont gratuits comme power agent (le logiciel de PowerTap) ou goldencheetah ou des plateformes en ligne comme Nolio ou training peaks.

Lorsque l’on télécharge la sortie sur goldencheetah les données sont nombreuses voir beaucoup trop nombreuses pour le néophyte. Mais que ce soit sur ce logiciel ou sur strava, les données principales à noter concernant la puissance sont :

Puissance normalisée ou XPower, cette valeur par du constat que, au-delà d’une certaine puissance, l’intensité de l’effort ne varie plus linéairement en fonction de la puissance mais plutôt de façon exponentielle. La puissance moyenne n’est donc pas une indication pertinente d’intensité l’effort, par exemple, si vous réalisez 4h à 200w ou 2h à 150w puis 2h à 250w, la puissance moyenne sera la même mais la 2eme option sera beaucoup plus fatigante. La puissance normalisée prend en compte ces variations de l’effort et vous permet donc d’avoir une donnée « moyenne » plus proche de la réalité.

Training Stress Score (TSS), est un indice de la charge d’entrainement, utilisant plusieurs mesures physiologiques pour déterminer le niveau de stress de l’entraînement (ou portion d’entrainement). Il est calculé en fonction du temps d’effort, de la puissance normalisée, de l’indice d’intensité (ratio entre la Puissance normalisé et la FTP) et de la FTP (voir ci-dessous).

Une fois ces données de séances prises en comptes, l’intérêt du capteur de puissance est d’analyser en détail des phases de courses ou d’entrainements, de savoir si vous avez pu gérer correctement votre effort ou non, sur la première série de l’exercice comme sur la dernière… tout ceci demande davantage d’expertise et de temps d’analyse. Mais n’hésitez pas à regarder et comparer vos puissances moyenne sur vos différentes séries ou différentes montées de la journée, ces données sont riches d’enseignements.

Par ailleurs, si vous souhaitez comparer votre puissance d’une année sur l’autre ou avec votre collègue d’entrainement, il faudra alors parler de rapport poids puissance (w/kg) pour les efforts en bosse ou de rapports watts coefficient de pénétration dans l’air (w/cx) pour les efforts au plat (plus difficilement calculable en raison de la difficulté à calculer un cx même approximatif).

En effet pour une même puissance moyenne dans une bosse, votre ami grimpeur terminera largement devant vous et vos 10kg supplémentaires ou inversement. De même il ne sert à rien de comparer votre puissance brute en bosse avec l’année précédente si entre temps vous avez perdu 2kg.


Utilisation de la puissance pour déterminer le niveau de forme



Les différentes données de puissance vues précédemment, permettent une fois combinées, de déterminer d’après le physiologiste et entraineur américain Coggan, les valeurs de Fatigue, capacité d’entrainement et de forme (capacité de performance). Ces paramètres qui théoriquement sont assez simples se révèlent sur le terrain assez complexe. En effet l’entraînement étant une équation complexe entre augmentation des aptitudes physiques et gestion de la fatigue.

Le calcul du niveau de forme d’après le TSS permet d’obtenir les données ci-dessous.


ATL (Acute Training Load / Charge d’entrainement aigue) : Il s’agit de la moyenne à court terme des charges TSS journalières sur 1 semaine (pour ceux souhaitant rentrer dans les détails de calculs :ATL = ATL(d-1) + [TSS-ATL(d-1)]*[1 - exp^(-1/7)] )

CTL (Chronic Training Load / Charge d’entrainement chronique) : Il s’agit de la moyenne à long terme des charges TSS journalières sur les 6 dernières semaines ( CTL = CTL(d-1) + [TSS-CTL(d-1)]*[1 - exp^(-1/42)] )

TSB (Training Stress Balance / Equilibre du stress d’entrainement) qui correspond à la charge d’entrainement à long terme moins la charge d’entrainement à court terme (TSB = CTL-ATL)

TSB > 0 : L’athlète est reposé, affûté ou en sous-entraînement TSB < 0 : L’athlète est en phase de surcharge ou en surentraînement.

Attention, chaque athlète est différent, ces valeurs théoriques étant à interpréter, pour certains, un pic de forme ne sera jamais synonyme d’un TSB positif.

De plus, dans les faits la puissance n’est pas le seul facteur à prendre en compte pour calculer votre état de forme, car il ne permet pas de prendre en compte les facteurs externes de entraînement (si il s’est déroulé dans des conditions chaudes ou froides augmentant la charge de l’entrainement) si vous avez une des grosses journées de travail à côté (limitant votre récupération) ou si vous êtes tombés malade.

C’est là que rentre en compte l’expertise de l’entraîneur et/ou l’expérience de pratique de l’athlète. Pour ma part j’aime bien croiser ces données de forme issues de la puissance, avec des données issues des sensations (RPE) et du ressenti direct des athlètes.

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